Publié par AFRICONSEIL10

3cabossesLe premier producteur mondial de cacao restaure un organe public de régulation de la filière. Un prix minimum compris entre 50 et 60% du prix international sera garanti aux paysans, de manière à éviter les abus des acheteurs.

La Côte d'Ivoire a décidé de restaurer un organe public de régulation de la filière cacao, dont le pays est le premier producteur mondial. Il réinstaure ainsi à un prix garanti aux paysans après plus d'une décennie de libéralisation du secteur, a annoncé mercredi le gouvernement. "Un nouvel organe de régulation et de stabilisation" de la filière, administré "sur une base paritaire" par l'Etat, l'interprofession et les banques, remplace les anciennes structures, indique le compte-rendu du Conseil des ministres.

Un "prix minimum" compris "entre 50 et 60%" du prix international sera "garanti" aux paysans pour la durée d'une campagne, alors que depuis une décennie ce prix n'était qu'"indicatif". Le prix a été fixé à 1.000 francs CFA (1,52 euro) le kilo pour la campagne 2011-2012, mais des producteurs se plaignent que, comme les années précédentes, il ne soit souvent pas respecté par les acheteurs. Les planteurs ne perçoivent généralement guère plus de 20-30% du prix international, en raison notamment d'une lourde fiscalité et parafiscalité.

Sous la pression des bailleurs de fonds qui dénonçaient l'opacité de la Caisse de stabilisation du prix des produits agricoles (Caistab), pilier du "miracle ivoirien" des années 1960-1970, la filière cacao avait été libéralisée à la fin des années 1990 et une myriade de structures créées. Mais le secteur est resté plombé par les détournements massifs - conduisant une vingtaine de "barons" à passer plus de deux ans en prison avant leur remise en liberté provisoire, le procès se faisant toujours attendre - et ne permet pas de fournir des revenus satisfaisants à la majorité des petits paysans.

40% des recettes d'exportations proviennent du cacao et du café

Restée lettre morte, malgré les promesses, sous l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo, la réforme du cacao est une condition majeure posée par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) pour un très important allègement de la dette, que le président Alassane Ouattara, aux commandes depuis avril 2011, espère pour le "premier trimestre 2012". La réforme a connu plusieurs versions ces derniers mois, et a fait l'objet d'âpres discussions entre gouvernement, BM et grands groupes chocolatiers. Selon le gouvernement, sa mise en oeuvre "se fera de façon progressive, la campagne 2011-2012 constituant une année transitoire".

Les autorités visent "le renforcement de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des ressources" et "le développement d'une économie cacaoyère et caféière durable à travers la réorganisation de la production et l'amélioration de la productivité". Elles entendent aussi développer enfin la transformation de la fève brune sur place, pour qu'elle passe de "de 35 à 50% de la production" d'ici 2015.

La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao avec quelque 35% de parts de marché. Le cacao et le café représentent 40% de ses recettes d'exportation. La production ivoirienne a atteint un record de près d'1,5 million de tonnes durant la campagne 2010-2011, une performance après la grave crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011 qui avait laissé craindre un effondrement. Pour asphyxier le régime Gbagbonon reconnu à l'extérieur, Alassane Ouattara avait obtenu début 2011 des chocolatiers internationaux qu'ils boycottent le cacao ivoirien jusqu'à la fin de la crise.

Source : Reuters via l'express

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